Ceci est la suite de mon journal #5.
Lundi : embrasser la nullité
Feel no obligation to post on any schedule. Je relis le billet Guiding principles for my websites de Tracy Durnell, six mois plus tard. Cette phrase me fait du bien, car ces derniers jours j’ai culpabilisé de ne peut-être pas réussir à publier le présent billet à l’heure convenue. (Ridicule. Je sais.)
Dans le même genre : Embrace the void – don’t expect every piece to connect with somebody, dixit Sara Jakša en réponse à Tracy ; mais aussi Embrace the suck. Ça ferait un bon slogan pour un autocollant, ça.
Mard…
Ceci est la suite de mon journal #5.
Lundi : embrasser la nullité
Feel no obligation to post on any schedule. Je relis le billet Guiding principles for my websites de Tracy Durnell, six mois plus tard. Cette phrase me fait du bien, car ces derniers jours j’ai culpabilisé de ne peut-être pas réussir à publier le présent billet à l’heure convenue. (Ridicule. Je sais.)
Dans le même genre : Embrace the void – don’t expect every piece to connect with somebody, dixit Sara Jakša en réponse à Tracy ; mais aussi Embrace the suck. Ça ferait un bon slogan pour un autocollant, ça.
Mardi : pas l’temps d’niaiser
Je suis choquée et même embarrassée de l’admettre, mais avoir une échéance me motive. Avoir une échéance m’aide à faire. Sans échéance, le temps n’a plus de valeur.
Penser à ma propre échéance est aussi un moteur. C’est pour ça que je suis contente d’avoir déplacé mon crâne en raku dans la cuisine, près de la fenêtre. Chaque jour, une piqûre de rappel : memento mori.

Céramique crâne en raku et plantes d’intérieur. Je songe à suivre le tuto d’Aline pour ratiboiser ma pilea.
Mercredi : « l’artiste, cet accident »
(…) je trouve ces lignes écrites d’une écriture maladive, et que je vous donne comme les prémisses de mes noirs, de mes ombres – et que je n’écrirais plus aujourd’hui non plus : “J’ai passé par les allées froides et silencieuses du cimetière, et près des tombes désertes. Et j’ai connu le calme d’esprit. Ô mort que tu es large : dans le calme que ta pensée me donne, que de force contre le souci.”

J’ai trouvé ce petit livre à Pont-Aven, dans les rayonnages d’une librairie-café-cantine végé à forte tonalité féministe dénommée Le Boucan. Un refuge des plus accueillants alors qu’il pleuvait des cordes et qu’il n’était pas encore tout à fait l’heure d’aller manger une crêpe.


À propos de son art, Odilon écrit : Bien que j’en connaisse les défauts et les faiblesses, j’en ai le respect.
Je vois tout à fait ce qu’il a voulu dire, il y a de ça 112 ans. Toutefois, je ne trouve ni défaut ni faiblesse dans ses estampes, dont j’ai retrouvé certaines pendant l’exposition Sorcières, elle-même fantastique.

Estampe 1. C’est une tête de mort, avec une couronne de roses. Elle domine un torse de femme d’une blancheur nacrée, Odilon Redon, planche VI de l’album pour illustrer La Tentation de saint Antoine de Gustave Flaubert, lithograhie, 1888.

Estampe 3.Hantise, Odilon Redon, lithographie sur papier, 1894.

Estampe 2. La Sirène sortit des flots, vêtue de dards, Odilon Redon, planche IV de la série Les Origines, lithographie sur papier, 1883.
L’artiste, cet accident, cet être que rien n’attend dans le monde social, sauf l’amour et l’admiration de quelques êtres, au hasard des affinités (…).
Trouver du réconfort dans les réflexions d’autres artistes, même quand ils sont déjà morts depuis longtemps, une sensation étrange.
Jeudi : fermer les robinets
Gros tri dans mon Feedly : je marque des milliers d’articles comme lus, et je me désabonne d’un tas de sites et blogs dont je me sens désormais étrangère. Fermer les robinets. Moins, mais mieux. Réduire permet d’apprécier d’autant plus ce qui reste.
J’annule aussi des abonnements payants liés à mon compte Apple, comme A Color Story et OneSec, ainsi que sur Patreon et Tipeee. Ça faisait un moment que ça me démangeait de réduire tout un tas de petites dépenses mensuelles qui, mine de rien, s’accumulent et finissent par peser leur poids à l’échelle d’une année.
Lu la veille, ce billet de Jenn Schiffer m’a sans doute influencée : my « shopping » note keeps me from buying dumb shit all the time.
Sur Tipeee, je continue à soutenir Aude Carbone. J’aime son art, j’aime sa plume, et j’aime l’Imposte, ce courrier trimestriel, sérigraphié par l’artiste.

Enveloppe sérigraphiée en bleu, mauve et rose. À l’intérieur, une gazette, elle aussi sérigraphiée. Un moment de lecture que je savoure.
Vendredi : des carnets remplis de sirènes
Est-ce que ça vous arrive parfois, de réaliser sans difficulté une tâche pour laquelle vous avez procrastiné comme jamais ?
Moi, souvent. Plus de quatre décennies ici bas, et j’ignore toujours pourquoi je me fais une montagne de choses qui, non seulement sont à ma portée, mais qu’en plus j’aime faire. 😐
Cette semaine, poursuite de mes recherches pour mon polyptyque macabre à l’eau-forte et échantillonnage de nouvelles aquarelles (oui, encore), entre deux dessins de sirènes.

Mon carnet à tout est déjà plein, alors que je l’ai commencé en juillet à peine. Au lieu de commencer un carnet neuf, je poursuis ma prise de note quotidienne dans un carnet aux mêmes dimensions, lâchement abandonné en 2019. Comme je donne un numéro d’inventaire à chaque carnet et que j’en numérote les pages, c’est facile de m’y retrouver.
J’ai bien aimé découvrir les carnets d’Elsa. J’aurai plein de trucs à dire à propos de mes propres carnets et du livre de Nathalie Sejean que j’ai hâte de recevoir, mais je développe ça dans une note dédiée : Que faire des idées notées dans nos carnets ?.

Samedi : paréidolies
Des choses que je veux noter sur mon blog pour ne pas les oublier :
- dans le Finistère sud, la brocante Les Puces de Riec est ouverte dès 11 heures le dimanche (les autres ouvrent à 14 heures, meh). J’ai trouvé le livre Les êtres de la brume et de la nuit, qui parle de Mélusine comme fée de l’inachevé, par sa nature même de créature entre deux mondes. Énième raison d’être amoureuse de cette figure de la féminité monstrueuse, contrainte de se cacher (de se protéger ?) du regard masculin ;
- Finistère toujours : à Trégunc, les pierres à paréidolies : tête de morse et tête d’éléphant (on n’a pas vu les animaux pétrifiés) ;
- à Rochefort-en-Terre, dans le Morbihan, troisième visite du Naïa Museum, et la deuxième cette année. En parlant de sorcières bretonnes et de mort, je guette la sortie du Naïa Zine.












Vous la voyez, la tête d’éléphant ? Mais si, là, la trompe au milieu et les grandes oreilles. Non ?
Dimanche : nouvelles du jardin
Les pelargoniums installés dans mes jardinières fin août commencent à fleurir. Sur quatre plants, il y en a deux rose pâle, un rouge fluo et un autre à la traîne. Le substrat est sans doute meilleur : on y a mis plus de terre végétale et de compost maison, en plus du terreau. Il y a même un petit plant de tomate qui pousse à leurs côtés.




À part ça, surprise devant la défoliation de notre bouleau pleureur par des hypomeutes. En théorie, il devrait s’en remettre, mais ça fait tout drôle. Les meufs se cambrent dès que tu approches, c’est impressionnant.

Pour compenser, mon sanguisorba « lilac squirrel » fleurit et les érables virent au rouge. L’automne, ce second printemps, reste ma saison préférée. Je porte en permanence une doudoune sans manche, petit braséro portable.






Autres trucs cool cette semaine
- Cette magnifique linogravure de Liz Hartley, une artiste britannique découverte sur le blog de Handprinted. Pour obtenir ce résultat, 15 couches d’encre ont été nécessaires. 🤯 Évidemment, je lurke son carnet de toutes mes forces.

- Mettre à jour MAMP vers la version 7.x, comprendre pourquoi PhpMyAdmin était tout pété, et installer Sequel Ace pour importer plus facilement les gros dumps SQL de prod en local.
- Qu’on me loue enfin ce tombeau : le blog de Sempra s’éveille en douceur.
- Ajouter du curcuma dans l’eau du boulgour. C’est simple, c’est bon et c’est joli, car ça colore le boulgour en jaune.
- Les vidéos Your Desire to be ‘Good’ Is Holding You Back et Facing Your Fear of Being Misunderstood IS the Creative Process d’Anna Howard > tout. J’ai pris environ 30 pages de notes.
- Le livre The Atlas of Occult Britain de Charles Walker : plein d’endroits chelous et donc passionnants pour mes prochains séjours au Royaume-Uni. (via Jason Behan)


Côté musique, coup de cœur total pour Transcendental, le nouvel album de The Answer Lies In The Black Void. Le doom le plus mélancolique que j’aie écouté depuis belle lurette. Et cette pochette au chat noir, on en parle ?

Pour lire la suite, c’est par là : journal #7.